Sa monture était particulièrement impétueuse. Ses muscles saillaient sous sa peau tendue, son pelage luisant laissait deviner sans mal à quelle point il était bien traiter dans son manoir familiale. Il renâcla plusieurs fois en tapant du sabot. Il était mécontent de devoir faire monter un étranger sur sa croupe.
Dressé depuis l’enfance par Rosiel seul, il ne laissait en règle général personne d’autre monter sur lui. D’ailleurs il avait tuer plusieurs personne en cabrant de la sorte. Il possédait des yeux doté d’une volonté presque humaine… Il posa son museau dans la paume blanche de son maître attendant ses ordres silencieusement.
Rosiel le gratta gentiment derrière l’oreille et lui chuchota des paroles apaisante. Alors à ce moment, et à ce moment seulement, le bel étalon sembla se détendre. Il jeta un regard furtif vers l’autre personne qu’était Alestat et hennit. Il semblait avoir compris le message.
Tandis qu’il prenait le chemin de son manoir, celui si resta silencieux. La soudaine proximité d’un autre le mettait fort mal à l’aise. Estellia ne cessait d’hennir nerveusement mais se tenait tranquille. Il avait toujours été obéissant ce n’est pas maintenant que la monture le trahirait. Rosiel faisait écot au hennissement désapprobateur de son destrier… Il se demandant ce que ce démon pouvait bien vouloir de lui en quelque sorte…
Suivre quelqu’un dans une ville était déjà assez rebutant comme idée, assez étrange…mais suivre quelqu’un jusqu’à sa demeure l’était encore plus…Voire même plutôt inquiétant en soit. Le chemin délia longuement…
Traversant la campagne, puis les plaine verte d’Elyséa, ils virent bientôt le manoir des Withering se découper dans la brume de fin de matinée. Ses tours semblait déchirer le ciel de leur pointe acérées. Et les nuages semblaient plus denses et plus gris dans le ciel.
Un manoir tout à fait convenable pour une famille maudite… Une famille mourante dont il était le seul et unique survivant visiblement…
Les vitres lançaient des éclats colorés même depuis cette distance. Elles étaient faites de verre multicolore et représentaient diverses scènes de son passé ou bien religieuse. Quand au portail il était de fer forgé, et ses pointes étaient recouverte de feuille d’or.
Les rayons du soleil semblaient a peine touché les murs de pierres noires de la demeure. C’était comme si aucune lumière, aucune vie et surtout aucune joie ne pouvait atteindre cet endroit. Rosiel n’y faisait même plus attention… Il avait battit cet endroit, il savait tout de ce que recelait cette demeure, ainsi que son histoire et celle de sa famille.
Il laissa son invité s’extasier tandis qu’il mettait son cheval au pas. Celui ralentit lentement avant d’enfoncé ses sabot dans le chemin de terre meuble. La porte d’entrée s’ouvrit et son major d’homme en sortit visiblement très inquiet. A vrai dire il n’était pas du tout prévu qu’il reste si longtemps loin de son chez lui…
Il soupira. L’Elyséen adorait être le centre de toutes les attentions mais parfois cela pouvait devenir quelque peu étouffant. Cette fois ne faisait pas exception aux autres. Alestat toucha terre et bientôt il fut violemment éjecté de sa selle. Le pommeau de celle-ci lui meurtrit le genoux dans sa chute. Une ecchymose s’était déjà formé sous son pantalon mais il tenta d’en faire abstraction tandis que le personnel se rassemblait.
Il releva fièrement le menton pour avoir l’air digne et passa le pas de la porte.
L’un des jeune homme qu’il employait vint lui retirer son manteau et l’attacha au porte manteau qui se trouvait non loin, puis Rosiel entreprit de parcourir les couloirs pieds nu. La moquette était agréable et moelleuse, il détestait enfiler ses pantoufles qu’on lui recommandait si chaudement.
Alestat avait déjà pris son aise. Il parcourait les salles une à une. Rosiel ne le suivait pas il s’occupait plutôt des affaires qui étaient siennes… Il entreprit d’écrire dans le registre avant de rentrer dans la bibliothèque. Le toit était entièrement en verre et laissait filtrer une douce lueur blanchâtre. Les étagères se dressaient jusqu’à son dôme. Pour une personne inexpérimentée, cet pièce était un vrai labyrinthe : pour lui elle était un refuge.
Il attrapa un livre a la couverture de cuir souple et rouge. Il passa ses doigts sur les lettres dorées, elles se trouvaient en relief sur la tranche de celui-ci. Une fois sur que c’était celui-ci qu’il voulait, il le glissa sous son bras et ressortit. Non loin de là son major d’homme lui fit signe.
Visiblement il était courroucé de la présence de cet inconnu entre les quatre mur de la splendide demeure.
_Qui est-il ?
_Un invité mon cher, tachez d’en prendre le plus grand soin…
_Voyons, c’est un démon. Les femmes de chambres étaient toutes affolées malgré la beauté de ses traits.
_Sachez que s’il commet la moindre erreur entre mes murs il connaîtra la force des Withering… Pour l’instant il sous estimes la force de notre peuple. Mais il n’en sera pas ainsi très longtemps mon ami, vous pouvez me croire.
_Qu’il en soit ainsi, mais j’aimerais que nous n’en arrivions pas à de tel extrême maître.
_Seul le temps nous le dira
Il s’inclina légèrement, la discussion était close : voila ce que signifiait se geste. L’homme en costume noir recula donc pour lui laisser le passage libre.
Rosiel passa la porte et le rejoignit dans le salon d’un air soupçonneux. Il resta à une distance tout à fait convenable et le détailla.
_J’espère que le lieu vous convient. Nous n’invitons jamais personne mais soyez le bienvenue. Mon personnel est à votre disposition…